04 octobre 2006

Orages de mer




10 août 2006, vent force 9 Beaufort, cap plein Sud après les Îles Sanguinaires.

Ayant tout affalé, j'ai foncé droit au vent. La machine était faiblarde, mal refroidie. Le bateau donnait l'impression d'avoir 30° de tangage. Il fallait d'abord sauver la vaisselle ! Nous avons sorti le harnachement des équipiers ; essayage et capelage ont été difficiles. Heureusement que Marine était là ! Attention, les lignes de vie ne se mettent pas sur les filières...

Je me tourne vers le Père Pierre-Etienne (PPE) :
moi : "On chante ?"

PPE : "Quoi ?"
moi : "Que tes oeuvres sont belles !"

PPE : "OK !"

Les éclairs tout proches du bateau étaient d'une beauté incroyable. Comme ingénieur j'étais surpris qu'ils ne marquaient pas la surface de l'eau. Le froid nous donnait la tremblotte.

J'appelle à la VHF le sémaphore tout proche :
moi : "Quand l'orage s'arrête ?"
le sémaphoriste : "Dans un moment !"
moi :" ... "

Je me dis intérieurement : "On est à 2 milles de la côte et on ne voit rien. Dans un mille 1/2 je me mets en fuite". Et pendant ce temps-là, cela chantait, à bord "Que tes oeuvres sont belles !". PPE était hilare, il ne se rendait pas compte de la situation.

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